Stamina, chez Garmin, est un algorithme embarqué dans certaines montres GPS qui estime votre « réservoir » d’énergie utilisable pendant l’effort. L’idée est simple : transformer des signaux physiologiques et de charge (fréquence cardiaque, intensité, historique) en deux jauges lisibles en cours d’activité. Stamina actuelle, c’est ce que vous avez sous le pied à l’instant T. Stamina potentielle, c’est ce que vous pouvez récupérer si vous relâchez l’allure. Le résultat est clair : un outil de pacing qui aide à doser une montée, à gérer un départ trop rapide, ou à savoir si une relance met le final en péril. On parle d’un calcul adaptatif, mis à jour en continu, pensé pour la course à pied et le vélo. En trail, l’intérêt est d’aligner l’intensité avec le profil du parcours et la durée prévue, sans naviguer à vue entre cardio, sensations et chrono.
Comprendre Stamina: ce que la montre calcule
Concrètement, l’algorithme combine votre niveau de forme (VO2max, charge d’entraînement récente), votre fréquence cardiaque instantanée, l’allure ou la puissance de course, et la durée d’effort. Il en sort un pourcentage restant de « carburant » utilisable à l’intensité en cours. Cela signifie qu’un palier à 90 % de FCM fera chuter la jauge rapidement, alors qu’un retour en zone aérobie stabilisera la courbe, voire remontera légèrement la « potentielle ». L’objectif est la décision en temps réel, pas le diagnostic après-coup.
- Entrées physiologiques et historiques: fréquence cardiaque, VO2max, training load, HRV (contexte de récupération)
- Lecture de l’intensité réelle: allure, puissance de course, pente issue de l’altimètre barométrique
- Affichage et décisions: champs dédiés, alertes, gestion de l’effort par rapport au profil d’itinéraire
Capteurs et données d’entrée: le cœur du calcul
Dans les faits, la qualité des entrées conditionne la pertinence de Stamina. Une fréquence cardiaque propre évite des oscillations artificielles sur la jauge. Une ceinture cardio externe reste la référence sur les variations rapides. La notion d’intensité s’appuie selon le mode sur l’allure GPS, la puissance de course (mesurée ou estimée par la montre), et la pente calculée via l’altimètre barométrique. En côte, la puissance reflète mieux la dépense qu’un simple temps au kilomètre. L’historique joue aussi: VO2max et training load cadrent la « taille du réservoir » et la vitesse à laquelle il se vide. Les statuts d’acclimatation chaleur/altitude et, en toile de fond, l’HRV côté récupération, orientent le modèle vers plus de prudence quand le contexte est défavorable.
À noter :
Stamina n’a rien à voir avec la batterie de la montre ou le Battery Manager. Ce n’est pas Body Battery non plus. Body Battery agrège le stress, le sommeil et la récupération sur 24 h; Stamina gère un effort en cours, minute par minute. Ce n’est pas une prédiction de temps final, mais un indicateur d’épuisement relatif. Sur très long (ultra), la nutrition, la déshydratation ou des aléas mécaniques ne sont pas modélisés finement; la jauge reste une aide, pas un oracle.
Leviers techniques qui influencent Stamina en trail
Côté terrain, la pente et la variabilité d’intensité dominent. En montée, l’algorithme lit une dépense plus élevée à intensité cardiaque comparable. Sur un relief en dents de scie, enchaîner les sprints en sortie d’épingle vide le « réservoir » plus vite que prévu. D’où l’intérêt d’une estimation d’allure robuste: GNSS multibande (dual-band L1/L5) utile en sous‑bois et ravines étroites, et altimètre barométrique bien calibré pour fiabiliser la pente instantanée. La puissance de course facilite le dosage, surtout quand l’allure GPS se dégrade en forte pente. En pratique, associer Stamina à un écran dédié avec Stamina actuelle, Stamina potentielle et puissance ou FC cible rend la lecture opérationnelle. Ajouter le profil altimétrique du suivi d’itinéraire GPX aide à placer les allures clés: économiser 10 % avant une rampe de 800 m D+ change la fin de course. Les alertes peuvent signaler une chute trop rapide de la jauge; cela évite le « rouge » à 20 minutes du sommet.
Réglages et impact des capteurs
Le choix est clair: privilégiez une ceinture cardio externe pour stabiliser le signal, surtout par froid ou sous fortes oscillations de bras. Si votre montre estime la running power au poignet, validez la cohérence sur des pentes connues; sinon, un capteur tiers dédié à la puissance apporte une référence plus constante. Un GNSS multibande améliore la vitesse instantanée en forêt et en couloir encaissé, donc réduit les à-coups d’intensité interprétés par Stamina. Un altimètre barométrique correctement étalonné limite les erreurs de pente, point clé sur des monotraces irrégulières.
Limites, profils concernés et cas d’usage
Sur trail court à tempo élevé, Stamina sert de garde-fou sur un départ agressif. Sur marathon-trail ou longue sortie vallonnée, l’outil aide à lisser les pics d’intensité et à garder du répondant pour la dernière heure. En ultra, l’algorithme donne une tendance, mais la stratégie reste multi-facteurs: alimentation, météo, gestion des pieds et du sommeil. Côté interface, un écran transflectif lisible en plein soleil facilite le suivi continu, sans drainer l’autonomie GPS. Les montres de trail avec format compact et bon confort de port rendent la consultation plus naturelle sur des heures. La cartographie offline n’alimente pas Stamina, mais mariée au suivi d’itinéraire, elle structure la gestion d’énergie sur les sections clés.
- Pertinent si vous gérez l’allure à partir d’un indicateur simple et dynamique
- Moins utile si vous courez entièrement aux sensations sur des formats très courts
- À cadrer avec une ceinture cardio externe pour une fiabilité maximale
- À relativiser sur ultra où l’alimentation et la chaleur bousculent la physiologie
En synthèse, Stamina est un outil de pacing en temps réel pensé pour convertir des signaux de charge et d’intensité en décisions simples: ralentir, tenir, relancer. Le triptyque gagnant, c’est un signal cardio propre, une lecture d’intensité robuste (allure, puissance, pente) et une mise en contexte avec le profil GPX. Utilisé ainsi, l’algorithme cadre l’effort en trail sans brider la tactique. Le message est simple: l’outil vous dit ce qu’il reste dans le réservoir; à vous d’aligner ce réservoir avec le relief et vos objectifs du jour.
