Suunto Vertical 2 cartographie enfin lisible ? Le vrai saut attendu
La carte. C’est souvent là que tout se joue quand le sentier se perd, quand la neige rase les marques, quand la trace GPX n’est plus qu’un trait pâle dans la montée. La première Suunto Vertical avait les bonnes idées mais une carte parfois timide. La Suunto Vertical 2 corrige-t-elle le tir face aux Garmin Fenix 8 Pro et Coros Apex 4. Lisibilité, couleurs, fluidité, précision. On l’a poussée sur single humide, crêtes venteuses, forêts sombres. Le verdict tient en une question simple. Est-ce qu’on lit la carte en courant sans lever le pouce plus de deux secondes. Oui, souvent. Pas toujours. Et c’est là que la comparaison devient intéressante avec Garmin qui reste la référence en rendu et Coros qui progresse sur la sobriété efficace.
Lisibilité et fluidité de la carto: la grosse mise à jour
L’écran de la Vertical 2 gagne en contraste. Les teintes ressortent mieux. Les chemins se distinguent des pistes forestières. Les courbes de niveau se lisent sans plisser les yeux. Le rendu reste moins saturé que sur une Garmin Fenix 8 Pro. Garmin pousse des couleurs plus vives et un label de sentier plus fin. Coros Apex 4 joue une palette plus neutre. C’est propre mais un peu plus plat à première vue. Suunto trouve un bon équilibre. La carte reste claire même en lumière dure en pierrier. En sous-bois, le fond ne s’écrase plus. C’est ce qui manquait. Le zoom réagit mieux. Deux clics et on passe du 300 m au 80 m avec un redraw plus rapide.
La Garmin Fenix 8 Pro garde l’avantage en fluidité pure. On sent un rendu plus “glissant” en pan et zoom. Les tuiles se recalculent quasi instantanément. Suunto suit désormais sans agacer. Le délai est court. Coros reste un cran derrière en pan horizontal avec un micro lag quand on déplace la carte au poignet. Rien de rédhibitoire. Mais sur un carrefour à quatre pistes, la seconde perdue peut compter. Le contraste des courbes et l’ombrage des reliefs s’améliorent. La Suunto Vertical 2 affiche un ombrage de pente plus lisible. Le code couleur est simple. Vert pour doux, jaune puis ocre pour raide. À l’écran, la lecture du dénivelé terrain devient intuitive. Garmin affiche un shading plus travaillé avec un maillage fin et un rendu très net des talwegs.
Coros garde un shading discret qui ne masque pas les chemins. Sur neige, Suunto gagne des points. Le fond clair reste lisible avec la couche d’ombrage. Sur Garmin, ça claque davantage, mais certains préféreront un rendu moins agressif. La vitesse d’affichage en mouvement s’en ressent. En mode suivi d’itinéraire, la Vertical 2 recalcule la vue rapidement quand on change de cap. Le curseur reste centré. Le trait de trace s’épaissit quand on zoome. Il est plus visible. Garmin propose plus d’options de style de trait. Coros est simple et efficace. Le rendu des labels reste le point faible de Suunto. Les noms de lieux s’affichent moins tôt qu’en face, surtout à petit zoom. Ce n’est pas gênant sur un KV. Ça peut l’être en ultra sur piste roulante.
NextFork et indications tournant par tournant
Garmin pose la barre avec NextFork. Distance à la prochaine bifurcation, nom du sentier qui arrive, préavis clair. C’est pratique sur un chaos de pistes. Suunto Vertical 2 se rapproche. La montre affiche la prochaine intersection avec une distance et une flèche simple quand la carto connaît le réseau. Ce n’est pas aussi bavard que Garmin. Mais ça suffit pour anticiper. Coros Apex 4 reste sur une logique turn-by-turn basée sur la trace. Alerte au point, vibration nette, mais pas d’équivalent complet à NextFork si la carte diffère de la trace. En pratique, si votre GPX est propre, les trois s’en sortent. Si la trace est approximative, Garmin garde une marge grâce à sa lecture du réseau carto.
Points d’intérêt: créer, retrouver, viser
Suunto simplifie la création de POI depuis la montre. Un appui long, un nom court, une icône utile. L’affichage à l’écran est net. On peut viser un POI et demander la navigation directe. Ça marche bien sur alpage. Garmin va plus loin avec des catégories riches et une recherche locale de POI cartographiques. On trouve une cabane, une fontaine, un sommet. Coros reste plus minimal. C’est rapide, c’est simple, ça suffit pour un col ou un refuge déjà marqué.
Gestion des GPX: import, nettoyage, fiabilité
Importer une trace sur la Vertical 2 est plus rapide. L’app Suunto nettoie les points, allège le GPX, conserve les informations d’altitude. La synchro est stable. Les couleurs de la trace personnalisables aident à distinguer variantes et boucle. Garmin offre la meilleure intégration avec de multiples profils et la fusion avec ses cartes Topo. Coros facilite l’import depuis des plateformes externes mais reste plus basique sur la fusion carte-trace. Sur le terrain, la Vertical 2 colle bien au trait. La marge de tolérance au hors trace est réglable. Utile sur sentier effacé.
Profil d’altitude et dénivelé en direct
Le profil s’anime mieux chez Suunto. L’ascension restante se lit ligne à ligne. On voit le point actuel, la prochaine bosse, la crête. La Fenix 8 Pro garde un avantage sur la granularité et les champs combinés. On peut afficher profil, pente instantanée et distance au point clé sur une seule page très lisible. Coros fait simple et clair mais moins personnalisable. Le lien profil-carte est plus fluide sur Garmin et maintenant correct sur Suunto. On bascule de l’un à l’autre sans attendre.
Zoom, contraste, modes jour/nuit
Suunto propose un mode de couleur jour/nuit automatique. Au petit matin et de nuit, le fond bascule sombre, le trait reste vif. Le contraste gagne en confort. Garmin propose plus de thèmes. Coros garde un mode nuit efficace mais très sobre. Le zoom rapide par boutons sur Suunto est enfin nerveux. Deux niveaux de plus auraient aidé pour lire une épingle serrée sur hauteurs couvertes. Garmin offre une granularité de zoom plus fine.
Suunto Vertical 2: carte plus lisible, zoom plus rapide, NextFork simplifié, très bon profil altitude.
Garmin Fenix 8 Pro: fluide, NextFork complet, rendu coloré net, options riches de personnalisation.
Coros Apex 4: sobre et stable, turn-by-turn propre, carto moins bavarde mais efficace.
💪 Points forts:Lisibilité enfin solide en sous-bois et en lumière dure. Zoom et pan plus rapides qui ne cassent pas le rythme. Profil d’altitude clair avec ascension restante lisible. Gestion GPX propre avec trace visible et épaisse. Mode nuit bien contrasté pour les sections noires d’ultra.
La précision du positionnement ne sert à rien si la carte n’est pas lisible. L’inverse aussi. La Vertical 2 accroche bien en multi-bandes. La trace reste collée sur les lacets étroits. Dans une gorge, la dérive se voit un peu mais le comportement reste propre. Garmin tient la ligne avec une trace très lisse et un filtrage qui aide la lecture sur carte. Coros garde une trace fidèle mais parfois plus anguleuse sur zigzags serrés. Les trois s’en sortent en ville avec des bâtiments hauts. Le trail reste leur terrain. Le recalcul en sortie de trace progresse chez Suunto. On reçoit une alerte rapide. La carte recadre. On retrouve la trace sans se battre. Garmin propose un guidage plus explicite avec distance et flèche vers la trace la plus proche. Coros reste simple. On revient sur la trace au plus court. En ultra, cette simplicité peut suffire. Sur un réseau dense, Garmin garde un plus. L’impact batterie de la carto s’améliore. Suunto tient une longue sortie avec la carte affichée régulièrement sans écrouler l’autonomie. Garmin reste fort sur l’équilibre autonomie et carto affichée en continu. Coros est économe. Le compromis de Suunto est désormais viable pour un 50K avec carte ouverte sur les sections techniques. Le passage carte/données est rapide. Pas d’attente frustrante entre écrans. L’ergonomie compte quand ça tape. Les boutons de la Vertical 2 répondent bien. On zoome, on pan, on confirme. Les gants ne posent pas de problème. Les labels sont un peu petits à vitesse course. Garmin lit mieux à l’épaule grâce à une police plus fine et un anti-aliasing maîtrisé. Coros reste lisible grâce à sa sobriété.
⚠️ À noter:Les fonctions carto évoluent souvent avec les mises à jour. Les styles de carte, la base POI et le comportement NextFork-like peuvent varier selon les régions et le fond chargé. Assurez-vous de télécharger les zones nécessaires avant la course. Vérifiez aussi vos traces GPX, un nettoyage en amont évite des alertes intempestives sur le terrain.
Conclusion: enfin une carte qu’on regarde en courant
La Suunto Vertical 2 franchit le palier qui manquait. La carte devient un vrai outil. On zoome vite. On lit les courbes. On anticipe une bifurcation. On suit un profil. On n’hésite plus à laisser l’écran carto affiché sur les parties techniques. Garmin Fenix 8 Pro reste la reine du rendu et des fonctions avancées comme NextFork complet et la personnalisation extrême. Coros Apex 4 reste un choix fiable pour qui veut une carto sobre, une navigation simple et une autonomie solide. Suunto revient dans le match sur la lisibilité et la fluidité. Pour un traileur qui vit sur single, qui explore, qui aime lire la montagne, la Vertical 2 devient crédible. Et plaisante à utiliser. C’est ce qu’on attendait.
