AMOLED vs MIP : quel écran sert vraiment en plein soleil en montagne
Crête, midi, ciel lavé, neige encore présente dans les combes. Tu lèves le poignet pour lire l’altitude et le cap. Ça éblouit. La question n’est plus marketing. C’est simple: est-ce que tu lis ton écran sans t’arrêter ni plisser les yeux. Deux familles s’affrontent sur nos montres GPS. AMOLED lumineux, couleurs qui claquent. MIP transréflectif, sobriété et endurance. En montagne sous un gros soleil, chaque techno a un comportement différent. On a testé sur arête, sur glacier gris, en forêt et au refuge. Voilà le verdict, sans chichi.
Lisibilité en plein soleil: qui gagne à midi sur l’arête
Le MIP joue à domicile en lumière forte. L’écran transréflectif utilise la lumière ambiante. Plus il y en a, mieux il se lit. Pas besoin de rétroéclairage. Les chiffres restent nets. Le fond est mat. Les reflets dérangent moins. Avec des lunettes polarisées, ça reste stable. L’angle de vue est large. En descente exposée, tu jettes un œil rapide, tu comprends instantanément. C’est brut, efficace. L’AMOLED mise sur la puissance lumineuse. Les modèles récents montent très haut. En plein soleil, c’est lisible quand la luminosité auto réagit vite et monte au max. Le contraste noir profond aide. Les couleurs des champs ressortent. Mais l’écran doit lutter contre l’éblouissement. Sur neige ou granite clair, la couche de verre peut renvoyer des reflets francs. Avec des lunettes polarisées, selon l’orientation du poignet, certaines dalles perdent un peu de visibilité. Ça dure une seconde. Ça surprend si tu ne t’y attends pas. Sur glacier ou pierrier blanc, la différence se creuse. Le MIP garde une base grise lisible. Les chiffres restent découpés. L’AMOLED peut nécessiter un micro-temps de bascule en luminosité max. Et si tu roules en mode always-on assombri pour l’autonomie, la lisibilité baisse d’un cran. Il faut lever fort le poignet pour réveiller l’éclat. Tu perds de l’info au premier regard. Ça se rattrape, mais c’est une friction en plus quand ça trace.
Au lever du soleil et à l’ombre des mélèzes, l’AMOLED reprend la main. Les champs de données claquent sans rétroéclairage. Les graphiques d’altimétrie sont nets. Les couleurs guident l’œil. Le MIP, lui, bascule plus souvent son rétroéclairage. Tu vois, mais tu perds en confort visuel. En fin de journée, quand la lumière tombe, le MIP passe derrière. Ça se ressent dès que la forêt se densifie ou que le ciel se couvre.
Carto, couleurs et lecture à l’effort: l’AMOLED met le confort, le MIP reste clair
Sur carte, l’AMOLED fait la différence. Les fonds topographiques s’affichent avec des teintes nettes. Les sentiers ressortent mieux. Les courbes de niveau sont plus lisibles. Sur un carrefour de single en forêt, tu gagnes du temps. Tu lis sans zoomer. Tu valides l’embranchement. En montée raide, suivre une trace violette sur un fond contrasté évite les arrêts intempestifs. En plein soleil, ce confort reste bon quand la luminosité pousse fort. Les dalles récentes tiennent bien la route. Sur neige, il faut parfois jouer l’angle du poignet pour casser un reflet. Ça se fait en un geste. Le MIP affiche aussi la carto. C’est utile. Mais les couleurs sont plus ternes. Les contrastes sont plus plats. Les chemins se confondent parfois quand la lumière est oblique et que le fond est clair. En contrepartie, les chiffres des champs de données restent ultra propres. Le kilométrage, l’altitude, le D+ sautent aux yeux. Si tu privilégies données brutes et cap rapide, ça coche les cases. C’est moins sexy, plus opérationnel.
Graphiques d’altitude, courbes de FC, live pace. L’AMOLED donne des lignes fines, lisibles, et une couleur par zone. Tu lis l’histoire de l’effort au vol. En mode navigation, le zoom est efficace. Les micro-détails comme une épingle serrée ou une passerelle ressortent mieux. En plein soleil, ça tient si la montre reste au taquet en luminosité. Le MIP simplifie visuellement. Moins de nuances, plus de stabilité. Pour suivre une flèche et un cap, ça suffit. Pour décoder une intersection complexe sur IGN ou OSM, l’AMOLED est plus rapide à l’œil. La nuit avec frontale, l’AMOLED est royal. Luminosité basse, contraste haut. Zéro éblouissement si tu règles bien. Le MIP reste correct, mais demande souvent un cran de rétroéclairage de plus. Sur 10 heures nocturnes d’ultra, ce cran finit par compter dans la batterie.
Autonomie, froid, réglages: qui tient une traversée alpine
Le MIP consomme peu. En GPS multi-bandes, la montre garde des dents. Les modes endurance restent pertinents. Tu peux partir deux jours avec carto minimale et toujours lire tes champs au soleil sans rétroéclairage. Pour un 100 miles avec fortes sections exposées, c’est rassurant. La stabilité de la lisibilité ne dépend pas d’un capteur de luminosité qui commute. Tu sais que ça reste lisible quoi qu’il arrive. L’AMOLED, lui, demande des réglages fins. Luminosité auto active et seuils bien calibrés. Always-on quand tu veux un regard instantané, mais en sachant que ça pèse sur la batterie. Gestuelle réactive pour rallumer au poignet. Ça marche. Mais sur une traversée de 20 heures, il faut accepter de jouer entre modes. Tu baisseras la luminosité en crête venteuse. Tu remonteras en vallée sombre. Le froid tape aussi plus fort sur l’autonomie quand l’écran reste lumineux. Rien de dramatique, mais ça compte sur l’addition finale. Hiver, gants, gels. Un MIP garde une lecture constante à basse température. L’AMOLED reste lisible, mais sa puissance au pic de luminosité peut chuter si la montre limite pour préserver la batterie par grand froid. La plupart des modèles gèrent bien. On le sent surtout sur des efforts très longs au cœur de l’hiver. En été à 3000 m sous un soleil dur, la limite viendra plus des reflets que de la puissance brute. Une dalle bien traitée s’en sort. Une dalle moyenne te pousse à tourner le poignet pour casser l’angle. C’est un geste simple, mais ça se répète.
Astuces de terrain pour tirer le meilleur
Sur AMOLED, verrouille un cadran simple en sortie montagne. Gros chiffres, fond sombre, peu de couleurs. Monte la luminosité auto d’un cran avant une journée haute altitude. Garde la carto à portée mais évite d’y rester trop longtemps si tu vises l’autonomie. Sur MIP, choisis un cadran contrasté avec police épaisse. Active le rétroéclairage sur geste pour l’aube et les passages sombres. Garde l’économie d’énergie active, tu ne perdras pas en lisibilité au soleil.
Conclusion
En plein soleil en montagne, le MIP garde l’avantage brut. Lisibilité immédiate, chiffres nets, zéro prise de tête. Tu lis, tu enchaînes, tu gardes le fil. L’AMOLED s’en sort quand il pousse sa luminosité. Ça reste bon sur les modèles récents, mais ça demande un réglage propre et un poignet qui casse les reflets si besoin. En sous-bois, à l’aube, de nuit et sur carte, l’AMOLED prend la tête. Confort, nuances, détails. Si ta pratique, c’est ultra longue distance, crêtes exposées, plusieurs jours, MIP. Si tu veux carte lisible, confort visuel et sorties variées, AMOLED. Pour du mix alpi-trail avec beaucoup d’orientation, un AMOLED bien réglé fait gagner du temps. Pour du D+ au soleil où tu veux juste des chiffres propres et une batterie qui ne bronche pas, MIP toute la journée. Choisis selon tes terrains. Plein soleil en altitude et autonomie prioritaire, MIP. Carto, technique et polyvalence, AMOLED. Le reste, c’est du discours. Sur l’arête, ce qui compte, c’est ce que tu lis au premier regard.
