Suunto Vertical 2 vs Garmin Enduro 3 : l’autonomie avant tout
Quand un ultra bascule au-delà des 100 heures, l’écran ne fait pas franchir la ligne. Ce qui compte, c’est l’énergie qui reste au poignet à la nuit 3, au sommet 12, quand le froid plombe les cellules et que le GPS pompe sans vergogne. Sur ce terrain, Suunto Vertical 2 et Garmin Enduro 3 se battent sur la seule métrique qui pèse vraiment en ultra long: le temps utile sous tension, avec une trace exploitable et des données fiables, sans babysitting permanent. Le décor est simple. Tu veux une montre qui tient un 200 miles avec météo sale, navigation ponctuelle, cardio exploitable et alerte d’ascension. Tu veux aussi un système qui s’adapte au relief et au couvert forestier sans flinguer la batterie à la première épingle. Ici, on compare des philosophies énergétiques, pas des effets de manche. Enduro 3 mise sur la granularité et l’automatisation. Vertical 2 capitalise sur la sobriété et des profils prêts à courir loin. Deux voies, même combat: avaler des heures sans céder la précision qui compte pour rester sur le bon sentier.
Au-delà de 100 h: comment survivre énergétiquement
L’autonomie n’est pas un chiffre marketing. C’est une somme de micro-décisions. Chaque seconde de GPS, chaque bouffée de rétroéclairage, chaque vibration consomme. Sur ultra, on achète du temps en supprimant les fuites et en déclenchant les bons modes au bon moment. La qualité de la trace a un coût. Un mode double bande tient mieux en forêt dense et en canyon, mais il tape fort dans la batterie. Les algorithmes intelligents, c’est le nerf de la guerre. Garmin appelle ça SatIQ. La montre bascule seule entre mono, multi-GNSS et double bande selon la difficulté du ciel. Suunto joue l’automatique aussi, avec un GNSS adaptatif et FusedTrack pour prolonger sans casser la trajectoire en réduisant l’échantillonnage, porté par l’inertiel. L’écran est un gouffre discret. Un MIP reste sobre, mais le rétroéclairage mal réglé ruine une nuit. Le geste d’activation au poignet réveille trop souvent la dalle en descente. Réduire la durée d’allumage, verrouiller une intensité basse, forcer un mode nuit fixe, ça sauve des pourcentages clés. Les cartes drainent. Zoomer, panoter, rerouter coûte. Tu navigues par cap et suivi d’itinéraire la plupart du temps, tu sors la carte quand il y a doute. Le levé de soleil et la météo en plein écran, c’est joli, mais c’est hors course quand le pourcentage clignote. Le cardio optique est pratique, mais il tourne non-stop. En ultra froid, la fiabilité grimace et tu perds de la batterie pour des valeurs approximatives. Une ceinture ou un brassard envoie une donnée stable et permet parfois de réduire la sollicitation du capteur optique au poignet. Les vibrations d’alertes sont utiles mais coûteuses. On en garde l’essentiel: nutrition, changement de profil, sortie de route. Le reste passe en silencieux.
Suunto Vertical 2: sobriété nordique, profils batterie prêts pour l’ultra, GNSS adaptatif et FusedTrack.
Garmin Enduro 3: arsenal d’économies fines, SatIQ, Power Manager et solaire optimisé.
Coros Vertix 2S: alternative robuste, autonomie XXL, interface simple et efficace
Enduro 3 vs Vertical 2: deux stratégies qui convergent sur l’essentiel
Garmin Enduro 3, c’est la montre qui a fait de l’économie un métier. Power Manager te montre l’impact énergétique de chaque capteur en temps réel. Tu sais ce que coûte le SpO2, la musique, la carto, le multi-bande, le rétroéclairage. Tu coupes, tu ajustes, tu vois le gain d’heures affiché. SatIQ gère la précision sans micro-management. En ciel ouvert, la montre tourne sobre. Dès que le canyon se resserre, elle enclenche le lourd et repasse ensuite. Le solaire n’est pas magique, mais il freine la chute, surtout dans les sections exposées et en haute montagne. L’écosystème Garmin ajoute des pages de données denses, des alertes calibrées et des profils UltraTrac quand il faut tenir le siège, en acceptant une trace moins granuleuse. Suunto Vertical 2 pousse la logique minimaliste. Les profils Performance, Endurance et Ultra sont pensés pour le terrain. Tu choisis avant le départ, tu ajustes pendant, sans te perdre dans des sous-menus. Le GNSS adaptatif réduit le surcoût de la double bande, FusedTrack cale la trajectoire entre deux fixes quand tu passes en économie. L’interface reste claire, les écrans de navigation sont sobres, les cartes hors ligne sont utiles sans t’entraîner à zoomer pour rien. Tu as moins de curseurs que sur Garmin, mais tu as l’essentiel à portée de gants. C’est l’ADN Suunto: robustesse, parcimonie, lisibilité. Sur la navigation, les deux font le job. La différence se joue à la tentation. Plus de couches, plus de détails, c’est plus d’énergie si tu y passes du temps. L’approche Garmin donne le luxe, l’approche Suunto garde l’outil. En ultra, la meilleure carte est souvent celle que tu ne regardes pas toutes les cinq minutes. Tu gardes le suivi d’itinéraire, l’alerte hors trace, le profil d’altitude active. Tu ouvres la carte en doute réel, pas à chaque bifurcation évidente. Côté capteurs, même combat. Le double bande aide à rester propre dans les forêts profondes. La précision d’altitude baro dépend de la calibration et des variations de pression, pas d’un logo. Ce qui compte, c’est la discipline au départ, l’autocalibration bien gérée, et les corrections en s’appuyant sur le profil. Les deux montres savent faire, le reste c’est ta routine avant le start.
💪 Points forts:Enduro 3 excelle dans la visualisation de l’impact énergétique et l’automatisation SatIQ. Vertical 2 brille par ses profils batterie lisibles et une interface fluide sous fatigue. Les deux offrent une autonomie taillée pour dépasser les 100 heures avec des réglages malins, une navigation fiable sans surconsommer et une robustesse qui tient la distance en montagne.
⚠️ À noter:Les chiffres d’autonomie varient fortement selon température, altitude, couverture nuageuse et usage d’écran. Le solaire n’est qu’un appoint, pas une garantie. Charger en course via batterie externe expose à l’humidité et aux câbles qui cassent le rythme. Prévois des tests en sortie longue et verrouille tes réglages avant la course, pas sur la ligne.
Plan d’énergie pour un 200 km: réglages qui sauvent la course
Tu pars avec un plan simple. Profil batterie intermédiaire pour garder une trace solide tant que le ciel est favorable. Rétroéclairage bas et fixe la nuit, geste d’activation limité, délai court avant extinction. Tu verrouilles la couronne ou les boutons pour éviter les réveils d’écran intempestifs sur bâtons. Tu utilises des pages de données épurées pour limiter les changements d’écran. Tous les capteurs non essentiels sont coupés. Le SpO2 reste à la maison si tu ne fais pas d’altitude extrême. La musique et le paiement sans contact ne font pas gagner de temps. Tu navigues à la trace, pas à la carte. L’alerte hors itinéraire est active pour corriger vite. En cas de doute ou de croisement complexe, tu ouvres la carte, tu décides, tu refermes. En forêt dense ou canyon prolongé, tu acceptes le surcoût ponctuel de la précision. C’est mieux de consommer dix minutes en double bande que d’empiler des erreurs qui coûtent des kilomètres. Sur replats exposés, tu repasses en mode sobre. La clé, c’est la bascule intelligente, pas le dogme. Côté cardio, ceinture si tu cherches des zones fiables et stables. Au-delà de 24 heures, le poignet fatigue, la lecture devient erratique, tu consommes pour rien. Une ceinture réduit le bruit et te permet de garder un guidage d’effort cohérent sans griller la batterie optique. Si tu cours au ressenti et à la puissance, un capteur de foulée dédié soulage le GNSS sur l’allure en sous-bois et stabilise tes vitesses. Tu n’empiles pas les sources. Une donnée propre vaut mieux que trois approximatives. La recharge en course doit être planifiée. Tu identifies une section de piste ou de route roulante, tu sors le câble, tu fixes proprement au poignet ou tu poses la montre cinq minutes au ravito. Les deux montres acceptent une charge rapide partielle. Tu ne laisses pas traîner un câble sur une crête ventée. Tu emportes un câble court, une batterie légère, tu protèges de la pluie. Tu n’attends jamais le 5% panique. Tu top-up tôt, tu sécurises. Sur les alertes, tu restes minimal. Nutrition toutes les 30 à 45 minutes selon ta stratégie, hydratation si tu oublies, sortie de route pour ne pas t’enfoncer, alerte d’ascension si tu gères un pacing précis en montagne. Le reste fatigue et vibre pour rien. Tu te concentres sur le mouvement, pas sur le spectacle au poignet.
Conclusion
Suunto Vertical 2 et Garmin Enduro 3 cochent la case qui compte: tenir l’ultra très long sans transformer ta course en puzzle de réglages. Enduro 3 séduit si tu veux voir et piloter à la minute l’impact de chaque option, avec SatIQ qui fait le sale boulot en coulisse et un Power Manager pédagogique. Vertical 2 plaira si tu veux une montre qui reste simple quand la tête fume, avec des profils batterie cohérents et une sobriété qui rassure au bout de la nuit. Le choix tient à ta manière d’exécuter. Si tu aimes micro-optimiser et disposer d’un tableau de bord complet, Garmin a l’avantage. Si tu préfères verrouiller une stratégie claire et courir sans friction, Suunto te laisse respirer. Dans les deux cas, l’autonomie ne se gagne pas à l’achat, elle se gagne au réglage et à l’usage. C’est ton plan énergie qui fait la différence quand le dossard dépasse les 100 heures.
